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En marge

Coop - 2007

1. Cheer It On 2. Nature Of The Experiment 3. Citizens Of Tommorow 4. Shoulders & Arms 5. If It Works 6. Be Good 7. La Ferrassie
Tokyo Police Club - A Lesson In Crime
article écrit par Laurent, le 12 février 2007

Après les deux premiers albums des Strokes, force est de constater qu’on restait sur sa faim. Le mal est réparé, TPC is here ! Un exercice intéressant : achetez Is this it ? mais attention, en version 33 tours. Posez-le sur votre platine, mais faites le tourner à la vitesse d’un 45 tours. Le quatuor (Greg Alsop, Josh Hook, Dave Monks et Graham Wright) Tokyo Police Club ressemble à cela : un peu pop d’un côté, punk de l’autre, renforcé par deux chanteurs. Les huit titres de l’EP ne dépassent jamais les trois minutes, et le tout « emballé c’est pesé » dure 18 minutes. C’est jouissif, ça s’écoute avec enthousiasme, ça fout la pêche, on devient accro grave. Pourtant, c’est avec un certain retard que ce mini-album arrive en Europe après être sorti en Amérique, il y a presque un an (en avril 2006). Ces Canadiens qui ont reformé un vieux groupe d’école sans trop y croire nous offrent une rage électrique qui assouvira la soif de tous les amateurs de punk "made in Big Apple". Soutenues par une batterie énervée et une basse hypnotique, les guitares enlacent des riffs en forme de tournicotas. On retrouve également un certain penchant pour les explorations hallucinogènes fulgurantes ("Shoulders & Arms", et surtout "Be Good"). De plus, les clip clap de "Citizens Of Tomorrow" ou "If It Works" ont tout de cette contemporanéité qui en font la bande sonore rêvée de ce début d’année. Que demande le peuple ? On espère juste une chose : que l’album soit à la hauteur de tout le bien que l’on pense de cette première révélation de l’année 2007.

Ils seront en concert à l’AB (Bruxelles) le 26 Février et le 16 février à la Boule Noire (Paris).

-  Le site du groupe

Cet album peut être téléchargé sur eMusic
Yolk/Anticraft - 2006

01. Hybride 02. Les Avatars 03. Enclavé 04. Trickster 05. Mammifère 06. Novenus 07. Passin’by III 08. La Tangerine Sucrée 09. TOC 10. Cycle de Ziriab : Danse #1 11. Le Clown Triste 12. Misty 13. La Conjuration des Imbéciles
Alban Darche Trio - Trickster
article écrit par Fabrice Fuentes, le 8 février 2007

Dans la mythologie, le Trickster est un personnage divin, immoral et impulsif, qui bouscule l’ordre établi pour favoriser l’établissement de nouvelles valeurs. Trickster, le premier album du saxophoniste Alban Darche (Le Gros Cube), du batteur Emannuel Birault et du contrebassiste Frédéric Chiffoleau, vient à point nommé brouiller quelques repères trop vite établis et perturber la routine des trios - notamment ceux qui empruntent à la pop et au rock une partie de leur esthétique, au départ surtout pour se réinventer, aujourd’hui davantage pour être à la page. Affûtée et exigeante, cette nouvelle formation de Darche mélange avec ruse et intelligence les données sonores d’une équation gagnante (nervosité, lisibilité mélodique, polyrythmie), au résultat constamment imprévisible. De l’art du trio de sonner autrement : une contrebasse puissante qui file droit et s’éclipse au moment où on s’y attend le moins, un saxophone ténor qui se dédouble, redouble de sonorités riche et variées tout en traçant des lignes de fuite free, une batterie syncopée qui oscille entre la droite et la gauche, le proche et le lointain. Les treize morceaux incisifs (quatre minutes en moyenne) de Trickster conjuguent une efficacité redoutable à un sens de l’orchestration qui fait de l’espace et de la matière sonore deux données fondamentales. Soumises à des transformations sur la durée, d’incessantes superpositions de voix et autres renversements de tons ou de styles (superbe incursion de la musique arabe sur “Cycle de Ziriab : danse # 1”), les compositions de Darche (un seul morceau, “Misty”, est une reprise d’Eroll Garner) ne ménagent aucun moment de répit et mettent à l’épreuve un trio déjà phénoménal qui s’en sort avec tous les honneurs.

-  Le site de Yolk Records.

Lex/Differ-Ant - 2006

1. A tale of apes i 2. A tale of apes ii 3. Middleclass stomp 4. Middleclass kill 5. Midas gutz 6. Nomanisisland 7. The mercury craze 8. Bed to the bills 9. Return of the vein 10. Call to dive 11. The ends
Subtle - For Hero : For Fool
article écrit par Fabrice Fuentes, le 6 février 2007

En matière de laboratoire sonore, Subtle, le collectif déviant de DoseOne et Jel, les deux éminences grises d’Anticon, est une référence aujourd’hui incontournable. Et ce n’est pas ce dernier disque (le troisième) qui viendra nous donner tort : la richesse en sons n’a d’égale que l’extrême sophistication des compositions qui rend d’ailleurs les premières écoutes de For Hero : For Fool harassantes. Chaque morceau de l’album est conçu comme une odyssée musicale truffée de perspectives mélodiques et d’idées d’arrangements qui entre vaguement en résonance avec la précédente ou la suivante. Les couches sonores, aux contours plus ou moins flous, s’amoncellent comme dans un processus onirique, lorsque les différents états de conscience et d’inconscience se confondent. Une impression d’agréable confusion se dégage, renforcée par le flow magnifiquement cadencé et les rimes millimétrées surréalistes de DoseOne. L’auditeur est ainsi convié à glisser d’une strate sonore à l’autre, sans discernement et sans chercher absolument à déceler une logique que l’album, de toute façon, lui refuse. Semblable écoute nécessite certaines dispositions (en premier lieu l’éviction de ses certitudes) et va à l’encontre de tout formatage stylistique et saucissonnage abusif (pris séparément les morceaux perdent de leur mystère et ne reste alors, pour certains, que l’impact physique). Avec “The Ends”, l’album s’achève sur un dernier morceau gigogne où les fantômes sémillants des Beach Boys viennent hanter une cadence abstract hip-hop, avant de s’allonger, las, sur le sol d’une salle d’aéroport insonorisée par Brian Eno. Tout un programme.

-  Le site de Subtle.
-  La page Myspace de Subtle.

Island - 2006
Producteurs : Alan Moulder, Flood

1. Sam’S Town 2. Enterlude 3. When You Were Young 4. Bling (Confession Of A King) 5. For Reasons Unknown 6. Read My Mind 7. Uncle Jonny 8. Bones 9. My List 10. This River Is Wild 11. Why Do I Keep Counting ? 12. Exilude
The Killers - Sam’s Town
article écrit par Paul-Ramone, le 5 février 2007

J’ai un nouveau coach sportif, il s’appelle Brandon Flowers. Grâce à lui et sa méthode « Killers » importée des Etats-Unis, je compte bien développer 50% de ma masse musculaire en deux temps trois mouvements. Enfin, c’est vite dit... gros challenge en perspective. Pour relever le défi, mon nouveau copain m’a concocté un programme musculaire hyper intensif en musique, 45 minutes d’exercices au rythme soutenu, sans répis. Brandon a pensé à tout, il n’hésite pas à me pousser dans mes derniers retranchements : lorsque je soulève du poids, ses refrains sont super bien millimétrés, et lorsque je me relâche, il lève le poing et me hurle dessus comme si sa vie en dépendait (“Uncle Johnny”). Y a même des p’tites rythmiques de guitare cocotte, façon “Eye of the tiger” (“For Reasons unknown”) et des gros riffs de synthés 80’s façon Gym Tonic (« Bones ») pour suer à grosses gouttes. Toutouyoutou... Ces méthodes manquent un peu de finesse, mais il faut ce qu’il faut pour se sculpter un corps de rêve. Du moins, c’est ce que je croyais... C’est vrai, j’ai pris de la masse super vite. Le hic, c’est qu’en suivant le programme scrupuleusement, j’ai un peu trop vite gonflé aussi... mon corps est devenu disproportionné, mon postérieur ressemble désormais à un Kangoo et j’ai les pecs de Victoria Silvstedt. Cela m’apprendra à suivre les programmes bon marché...

-  Le site de The Killers.

Nocturne - 2006

1. ouverture 2. Madeleine 3. le plat pays 4. le diable (ça va) 5. les flamandes 6. Vesoul 7. Amsterdam 8. à jeun 9. la mort 10. Jaurès 11. dors ma mie 12. Knokke-le-zoute tango 13. je t’aime 14. les désespérés et final
Patrick Artero - Artero/Brel
article écrit par Fabrice Fuentes, le 31 janvier 2007

Brel, le monument, méritait que le jazz vienne un jour le dépoussiérer. Faire taire le mythe pour mieux l’entendre. Puis l’écouter pour mieux le faire chanter. Le trompettiste méridional Patrick Artero et le contrebassiste-arrangeur Vincent Artaud sont deux musiciens qui ont de la suite dans les notes et des idées plein les instruments. Au point d’accorder leurs talents mutuels pour revisiter l’œuvre d’un Jacques Brel déboussolé, à qui ils font voir du pays plus que de raison, notamment du côté des Caraïbes, du Brésil ou de l’Argentine (“Madelaine”, “Les Flamandes”, “Knokke-le-Zoute Tango”), tout en piochant dans son répertoire quelques précieuses raretés (“Le Diable (ça va)”, “A Jeun”, “La Mort”, “Jaurès”, “Dors Ma Vie”) plutôt que ses sempiternelles chansons qui ne nous quittent plus. Entourés de onze musiciens, dont une section de cuivres, les deux compères tirent les thèmes du grand belge de tous côtés comme pour les faire céder, leur tordre le cou et les sortir du formol qui menaçait de les figer à jamais. A ce petit jeu de sauvegarde désinvolte et de réappropriation débonnaire, Giovanni Mirabassi s’avère être un fin limier (cf. aussi ses participations au récent projet « Standard Visit »). Son piano virevolte et danse avec l’entrain de celui qui puise dans les mélodies d’autrefois une musicalité sans faille. En tête à tête avec Artero sur une superbe version dépouillée d’“Amsterdam”, il touche des doigts l’essence d’une musique populaire capable d’extraire de nos misères lamentables un or noir aveuglant, et à laquelle ce disque rend le plus singulier des hommages.

-  Le site de Patrick Artero.
-  Le site de Nocturne.

Secretly Canadian - 2006

1. I Drive My Friend 2. Djuna 3. Valerie 4. You Never Got Me Right 5. Once I Was a Serene Teenaged Child 6. Today Tuesday 7. Come Another Night 8. N.Y 9. Modern 10. Straight Thin Line
Frida Hyvönen - Until Death Comes
article écrit par Fabrice Fuentes, le 30 janvier 2007

Une fille, électrique, habillée en blanc, assise sur une chaise peinte en blanc, joue sur un piano blanc dans une pièce aux murs tapissés de blanc. Après, sans doute libérée, elle ira se promener et, forcément, le sol sera maculé de neige. La fille en question s’appelle Frida Hyvönen, elle est née en Suède il y a 29 ans, a écrit, composé et co-produit les dix morceaux d’un premier album tout blanc à l’extérieur, mais un peu plus sombre à l’intérieur. Avec sa gueule d’ange déchu et un panache confondant, cette dernière signe des perles pop pour repousser tous ses démons et peut-être bien la mort. Mais, à bien l’écouter, cette fille du Nord ne serait-elle pas celle de Paul McCartney ? L’évidence mélodique s’insinue dans chacune de ses chansons, son talent à accumuler les ritournelles entêtantes frise souvent l’insolence. Frida Hyvönen est de ces filles douées et rêveuses qui conduisent leurs amants à l’aéroport en regrettant d’arriver à l’heure et les laissent s’envoler en ne sachant s’il faut se réjouir ou pleurer (“I Drive My Friend”). Indécise et effrontée, avec ce grain de folie dans la voix, l’adolescence encore en bandoulière et cette douleur dans le corps qu’elle semble toujours prête à laisser exploser mais qu’elle finit à chaque fois par dompter, cette fille court après la vie sans compter ses efforts. Parfois, des amis passent, un bassiste, un trompettiste, un batteur, un vibraphoniste, et nous la révèlent tout aussi à l’aise et atypique que seule face à son piano. Cette fille-là s’amuse, quitte, revient, rit, trahit, crie, irrite, pleure, baise, énerve et nous fait fondre, comme neige au soleil.

-  Le site de Frida Hyvönen.
-  La page Myspace de Frida Hyvönen.

Young God Records - 2006

1.Blessing Force 2.Gone Beyond 3.Meek Warrior 4.No Space in This Realm 5.The Lightning Bolt of Compassion 6.The Rider [Dolphin Song] 7.Love and Space
Akron/Family - Meek Warrior
article écrit par Fabrice Fuentes, le 26 janvier 2007

Tourner la page de l’année 2006 sans glisser quelques lignes sur ce passionnant troisième album d’Akron/Family, paru au mois de novembre, et sans saluer la prestation d’un invité de renom comme Hamid Drake eût été un manquement dommageable. Dans les notes du livret, le quartet remercie le batteur originaire de Chicago, source d’inspiration avérée de Meek Warrior, figure incontournable et charismatique des musiques improvisées que l’on a retrouvée récemment aussi bien aux côtés du contrebassiste William Parker (cf. ci-dessous) qu’au sein du collectif hip-hop IsWhat ?!. C’est d’ailleurs lui qui, le premier, percute ses tambours avec ce mélange de véhémence et de finesse dans le toucher qu’on lui connaît depuis trente ans sur l’halluciné “Blessing Force”, longue incantation tribale accidentée, morceau de bravoure perfusé de free jazz s’étendant sur plus de neuf minutes. Poussant un peu plus loin l’expérimentation sonore, Meek Warrior se nourrit de sauvagerie pulsionnelle et de douceur méditative pour avancer sur un chemin de traverse à la destination incertaine mais constamment intrigante. Sans regarder derrière lui, ce groupe se fraie une voie singulière, quelque part entre Six Organs Of Admittance et Animal Collective, sans que la comparaison ici ne les desserve le moins du monde. Akron/Family n’a pas pour ambition de révolutionner la folk music (versant psychédélique) et échafaude ses tortueuses pièces musicales sans calcul ni volonté consciente de coller à un style en particulier : pour ce quartet la musique se vit avant tout comme une expérience effrénée, à la fois physique et spirituelle, mélange de maîtrise et de lâcher prise, de discipline et de joyeux bordel d’où surgit l’expression vive de notre temps.

-  Le site de Akron/Family.
-  Le site de Youg God Records.
-  La page Myspace d’Akron/Family.

ECM/Universal - 2007

1.Antonia 2.Impro I 3.Impro II 4.On a Theme by Sergey Prokofiev 5.For All We Know 6.Promenade 7.Impro III 8.A Media Luz 9.Impro IV 10.Buzzillare 11.Do You Know What It Means To Miss New Orleans 12.Como Fue 13.On The Street Where You Live 14.Maple Leaf Rag 15.Sarcasmi 16.Don’t Talk
Stefano Bollani - Piano Solo
article écrit par Fabrice Fuentes, le 25 janvier 2007

Premier enregistrement sur le prestigieux label ECM de Manfred Eicher, Piano Solo est le second album en solo de Stefano Bollani, après Smat Smat paru en 2004 chez Label Bleu. Pour ce pianiste italien âgé de 34 ans, cette aventure en solitaire était l’occasion de dresser un autoportrait pudique, généreux et contrasté. Rempli à ras bord (16 titres en 68 minutes), Piano Solo (em)mêle improvisations signées de ses deux mains alertes, interprétations libres de l’œuvre de Sergey Prokofiev, standards détournés et chansons pop revisitées avec un même souci de construction formelle et de modulation harmonique, comme si l’ensemble relevait d’une alternance de pièces disparates mais organisées de telle manière à former une suite cohérente d’un bout à l’autre de l’album. « J’adore les chansons. Il est normal que j’aie une relation forte à l’idée de forme et que même lorsque je n’ai que deux accords sous la main ou juste un rythme j’essaie spontanément d’en faire quelque chose d’organisé », déclare Stefano Bollani à propos de Piano Solo. Privilégiant ainsi des formats relativement courts (quatre minutes en moyenne) et des thèmes ouverts, le pianiste bondit de morceau en morceau, tantôt lents, tantôt rapides, et appose sa griffe à mesure qu’il étend son spacieux territoire sonore. Indéniablement virtuose, Bollani frise parfois l’excès de notes et l’impétuosité emphatique, mais parvient surtout à fondre airs familiers et approche personnelle en une admirable musique de l’intime.

-  Le site de Stefano Bollani.
-  Le site de ECM.

Chief Inspector/Abeille Musique - 2006

1- No Bises No Chaud 2- The King Of Minneapolis 3- Tuning Machine 4- Darwin (Intro) 5- Darwin 6- Tastycake 7- Guy De Boogie 8- Burn
Collectif Slang - Addict
article écrit par Vlad, le 23 janvier 2007

Je ne pouvais pas décemment entamer la nouvelle année sans solder le compte de mes disques de chevet 2006. Après trois ans d’absence discographique, le collectif Slang, historiquement l’une des premières signatures du label parisien Chief Inspector, est de retour avec "Addict". Véritable laboratoire musical, ce groupe bouillonnant constitué de fortes têtes (Maxime Delpierre, Laurent Geniez, David Aknin et Médéric Collignon...) pousse davantage la mutation d’un jazz contemporain vers les contrées de l’électronique, du spoken word et du hip-hop métal, dans une logique de déconstruction salutaire. A la différence de "Slanguistic", leur premier opus, la formation s’est attachée à l’écriture d’un vrai répertoire et non plus à coucher sur bande le fruit d’improvisations collectives. Cela ne s’entend pas toujours car, à de rares exceptions près ("Darwin intro", "Tastycake", "Burn", morceaux groovy et structurés), les musiciens partent dans des expérimentations aux formats étirés d’où jaillissent des cuivres free, une guitare définitivement bruitiste et des clapotis électroniques (confiés à Olivier Sens). En écho à ce magma sonore répond la voix de diva affolée de Collignon qui nous manquera sans doute beaucoup sur scène puisque celui-ci a choisi de quitter le navire après l’enregistrement. Heureusement, la greffe opérée avec les MC Mike Ladd et Bruce Sherfield s’avère réussie et inaugure une nouvelle ère pour ce collectif de sorciers habiles !

-  La page Myspace

Drag City/Discograph - 2006

1. Riddle Me This 2. Where Twines The Path 3. Waxwing 4. I Had A Kiss Of The King’s 5. The Cruel War 6. Let Me Lie And Bleed Awhile 7. Firewater 8. River Rhine 9. I Have A Charm 10. The Old Men Of The Shells 11. The Calfless Cow
Alasdair Roberts - The Amber Gatherers
article écrit par Paul-Ramone, le 22 janvier 2007

Après le charme suranné de No Earthly Man, collection de ballades traditionnelles écossaises meurtries, l’insulaire Alasdair Roberts retourne à ses compositions personnelles avec The Amber Gatherers. Surprise sur ce quatrième opus, les teintes austères de rigueur sur ses précédents recueils solo laissent cette fois quelques lueurs d’espoir transpercer la brume des highlands. Le protégé de Will Oldham, qui lui a ouvert les portes du label Drag City (Joanna Newsom, Smog...) bouscule son folk rural par une énergie de troupe bienvenue : des clappements de mains giflent son décorum médiéval, appuyé de mélodies souriantes, plus contemporaines (“Where Twines The Path”, “I Had A Kiss Of The King’s” ), bien que l’on croise toujours régulièrement en chemin un dulcimer, un accordéon ou un banjo. Les débordements sont moins de mise que chez un Bonnie ’Prince’ Billy version Ease Down the Road, mais l’esprit enjoué est là. Son chant plaintif à la Neil Young devient même caressant sur “Where Twines The Path”. Alasdair Roberts s’impose également comme un barde des temps modernes qui nous conte des histoires ancestrales de grands rois régnant sur un royaume lointain par-delà les mers, de guerres qui emportent tout et d’honneur chevaleresque... Un peu passéiste, voire ringard, mais le charme l’emporte lorsque sur quelques prières silencieuses, tel le déchirant "Waxwing” scindé en deux actes, il nous réserve de magnifiques instants de recueillement. Revigorant, ce nouvel album devrait rallier à sa cause quelques profanes.

-  Le site officiel

Cet album peut être téléchargé sur eMusic
Naïve - 2006

1. Love me, please love me 2. Say it ain’t so 3. Valse de Melody 4. Sea song 5. Black Dog 6. Don’t let me be lonely 7. Mr Tambourine man 8. Bridge over troubled water 9. C’est extra 10. Your song 11. The end
Aldo Romano/Rémi Vignolo/Baptiste Trotignon - Flower Power
article écrit par Fabrice Fuentes, le 20 janvier 2007

De The Bad Plus à Happy Apple, en passant par la Jacob Fred Odyssey (à écouter l’excellent The Sameness Of Difference, sorti en 2005 chez Hyena Records) et la formation de Brad Mehldau/Jorge Rossy/Larry Grenadier (dont le succès dans les années 90, surtout après Songs, a sans doute initié la mouvance qui nous occupe ici), les trios jazz qui se réapproprient le répertoire pop-rock ont manifestement le vent en poupe. Au point d’aiguiser notre esprit critique et de rendre d’emblée suspectes toutes les sorties qui collent un peu trop à cette tendance en vogue. Aussi, lorsque trois musiciens aussi talentueux et reconnus qu’Aldo Romano (batterie), Rémi Vignolo (contrebasse) et Baptiste Trotignon (piano) se réunissent pour reprendre des chansons éculées écrites dans les années 60-70, telles que “Love Me, Please Me”, “Je t’aime Moi Non Plus”, “Mr Tambourine Man”, “Your Song”, “The End”, etc., on ne peut s’empêcher, avant même d’avoir posé l’album sur notre platine, de douter de la totale intégrité artistique d’un tel projet. L’écoute de Flower Power ne viendra malheureusement pas contrarier notre scepticisme. A l’instar de son titre trop connoté, ce disque a un goût de réchauffé et ne parvient pas vraiment à créer l’effet de surprise, ni à transcender son matériau de base. Certes, les morceaux sont alignés avec ce qu’il faut de style et d’énergie pour que l’entreprise ne soit pas taxée de malhonnêteté, ici et là les musiciens s’octroient de lumineuses échappées belles ou témoignent d’une cohésion indéniable (notamment sur le “Sea Song” de Robert Wyatt), mais l’ensemble demeure au final plus maîtrisé et convenu que réellement habité.

-  Le site de Naïve.

Good Company / La Baleine - 2006

1. Addicted 2. Liberation 3. Shut Up n’ Let It Go 4. 20 Bucks 5. Hey Epiphany 6. Grace 7. Ridin’ 8. Los Olvidados 9. Be King 10. All Shine Somewhere 11. Under The Voodoo 12. Behind Your Door
Tchen Tchen - So Messed Up
article écrit par Julie L.N, le 17 janvier 2007

Repéré grâce à la compilation CQFD des Inrockuptibles (2002), Tchen Tchen nous propose, avec So Messed Up, son premier album, au carrefour de différents styles musicaux. Car l’homme, qui multiplie les casquettes - à la fois chanteur, auteur, et producteur - est un incorrigible touche-à-tout. Difficile en effet de circonscrire sa musique dans une catégorie définie, tant les douze titres de ce premier opus balayent un large spectre de styles musicaux. Electro-pop, disco-rock, pop aux allures glam : préparez-vous à une mini-odyssée pour le moins destabilisante. Les deux premières pistes semblent s’engouffrer dans les sillon creusé par Beck : une pop aux accents synthétiques, un brin cacophonique. Ne vous fiez pas à ce « I love you à la folie » qui ouvre l’album, de sa gouaille traînante qui rebute un peu. La suite saura rattraper cette introduction outrée : par exemple avec les riffs de “Liberation”, que ne renierait pas la fratrie White. Mais lorsque les deux titres suivants utilisent encore les ficelles déjà usées - jusqu’à la corde - par les White Stripes, l’ennui guette. Heureusement, certains titres relèvent le niveau, en s’affranchissant précisément de ces références pesantes. Sur “Grace”, le chant de Tchen Tchen se fait plus habité et l’instrumentation plus posée, atteignant quelques sommets que seul le glam pouvait convoiter, tandis que “Los Olvidados” distille une musique influencée autant par les vibes de Madchester que par la chaleur latino.
Du large spectre musical au ratissé large, il n’y a qu’un pas, que Tchen Tchen franchit à plusieurs reprises sur cet album un brin décevant.

-  Le site deTchen Tchen

Structure Records - 2006

1. Le Tigre 2. Générique 3. Oblique 4. (sans titre) 5. Germany 6. Echanges 7. Barrages
L’objet - S/T
article écrit par Paul-Ramone, le 16 janvier 2007

Le premier album éponyme de L’Objet ne s’encombre pas de fioritures. Ce trio séminal « guitare-basse-batterie » ne dévie pas un seul instant de sa ligne de conduite tracée : un post-rock rêche et polaire. A la jonction de la tension froide de Slint et des stridences saturées de Sonic Youth, les sept convulsions instrumentales offertes en pâture sont d’une mobilité captivante. Une leçon de minimalisme maîtrisée (on pense aussi à Hood) et d’aliénation rampante. La section rythmique des frères Harpagès - qui alternent entre eux les instruments - sont le véhicule grinçant des dérivations rugueuses et redoutablement ciselées du guitariste Arnaud Boulogne. Le titre “Oblique” synthétise parfaitement leur art : sept minutes de montagnes russes entre léthargie malsaine et inclinaisons supersoniques. A ce stade, L’Objet pourrait à l’avenir faire office de bande sonore idéale pour l’adaptation grand écran de Voyage au bout de la nuit.

-  Le site de Structure Records

Cristal Records/Abeille Musique - 2006

1. Pour Vous 2. Pourquoi Pas ? 3. Eclaircie 4. As Usual 5. Reve De Singe 6. Somewhere We Were 7. Soliloques 8. Surface De Reparation 9. Canoe
DAG - S/T
article écrit par Vlad, le 12 janvier 2007

Dans le jazz, il y a trio et trio. D’un côté les stars (Brad Mehldau et EST), de l’autre les chercheurs discrets. C’est le cas des musiciens de DAG, Sophia Domancich, Simon Goubert et Jean-Jacques Avenel, fins limiers ayant traîné leurs guêtres au Sept Lézards et au sein de formations marquantes où ils n’ont jamais pris la grosse tête. Ces trois-là ont eu la riche idée de poser leurs valises dans un coin de studio pour dialoguer ensemble. Est née cette conversation à trois voix qui s’épanouit dans un parfait équilibre des prises de parole. On y retrouve avec bonheur le touché abstrait de la pianiste, le drumming tout en finesse de Goubert et la contrebasse loquace d’Avenel pour un voyage plus méditatif que cérébral quoiqu’un peu désincarné à la longue. Autour des grandes interrogations qui structurent ce disque "Pour Vous" et "Rêve de Singe", le trio semble hésiter devant la direction à prendre. Trop de retenue, de sagesse ou de politesse ? Difficile à dire... En tout cas, c’est dans les moments d’entrain comme "Soliloques", "Canoë" et "As Usual" (composé par Steve Lacy) où le plaisir du trio est palpable que le disque trouve son rythme. Une question de personnalité sans doute. Un peu froid aux entournures, DAG tranche par sa rigueur mais ne tue pas. Nulle raison de bouder une formation qui, à son meilleur, évoque les disques d’un vrai trio ludique, celui d’"Andy Emler".

-  Le site de Crital Records

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