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En marge

Label Bleu/Harmonia Mundi - 2006

1. Ulaz 2. Zeven 3. Wheels 4. Biggus D 5. Ashes to ashes 6. Pendant ce temps, chez le général... 7. Xenos blues 8. The mohican and the great spirit 9. CD-Rom 10. Izlaz
Bojan Z - Xenophonia
article écrit par Fabrice Fuentes, le 30 juin 2006

Autant ne pas tergiverser : Xenophonia est une admirable réussite, d’ores et déjà un des disques majeurs de l’année. N’en déplaise aux intégristes du rock pur et dur, il y a dans ce disque de jazz (abordable, même pour les moins initiés) plus de fougue, d’impertinence, de spontanéité et d’inventivité que dans tous les albums réunis de rock juvénile sortis dernièrement. Qu’il reprenne David Bowie (un “Ashes To Ashes” ressuscité, magnifié) et Horace Silver (“The Mohican And The Great Spirit”, le tendre hommage au maître), ou joue ses propres compositions (toutes épatantes, il va sans dire), le pianiste français - natif de Belgrade - Bojan Z met à mal l’image du jazz. Il la froisse, la plie, la déchire sans vergogne pour mieux se l’accaparer. Piano imprévisible, Fender Rhodes trafiqué de ses mains (rebaptisé "xenophone") qui sonne comme une guitare électrique cradingue digne de Led Zeppelin ou Frank Zappa, alternance de batteries (celle plus rock de Ben Perowsky et celle de Ari Hoening, plus jazz, mais parfois syncopée, qui a même des accents drum’n bass au début de “Biggus D”), contrebasse ferme et tendue (Rémi Vignolo), flûte balkanique (le Kaval joué par Krassen Lutzkanov). L’orthodoxie jazz vole en éclats, les sonorités se croisent et fusionnent, l’étrange le dispute à l’étranger ("Xenophonia" est une néologisme médical qui désigne ces deux mots). Un vent nouveau souffle dans les voiles du swing et le navire de Bojan Z vogue vers des horizons que tout amateur de musiques aventureuses se doit à présent de scruter avec lui.

-  Le site de Bojan Z.
-  Le site de Label Bleu.

ECM/Universal - 2006

1. Bathyal 2. Black Is The Color 3. Where Flamingos Fly 4. Lo Fiolaire 5. Sea, Sea ! 6. Don’T Set Sail 7. The Twilight Turns From Amethyst 8. Primrose 9. Bright Cap And Streamers 10. A Call For All Demons 11. Children’S Song N°1 12. In The Dark Pine Wood
Susanne Abbuehl - Compass
article écrit par Fabrice Fuentes, le 28 juin 2006

Ceux qui assistèrent au concert de Susanne Abbuehl,un soir de juillet 2002, dans l’intimiste et chaleureux club de minuit à Vienne, n’auront probablement pas oublié cette voix pure et majestueuse qui prenait l’auditeur médusé par la main pour l’emporter vers des contrées où seule la beauté règne en maître sur les hommes. C’est ému aux larmes que l’on quitta alors la ravissante néerlando-suissesse, espérant son retour au plus vite. Il nous fallu pourtant attendre quatre longues années pour la voir enfin réapparaître avec ce second album, intitulé Compass, en compagnie des mêmes musiciens (Wolfert Brederode au piano et Christof May à la clarinette) que sur l’inaugural April (2001) - à l’exception de Samuel Rohrer (batterie), remplacé ici par Lucas Niggli, et d’un invité de marque à la clarinette, Michel Portal. Les atmosphères en clair-obscur, le doux flottement des instruments, les structures harmoniques circulaires subtilement déconstruites, cette façon unique de poser sa voix et d’en étirer les sons afin qu’ils constituent un ensemble de textures superbement éthérées : l’univers dépouillé de Susanne Abbuehl n’a pas changé, même s’il s’est raréfié et encore distendu. Aux antipodes d’un jazz vocal volubile et emphatique, la chanteuse la plus singulière de sa génération se risque à composer avec le vide, cet infini silence qui enveloppe et redonne leur liberté (leur nudité ?) aux mots. Qu’elle adapte Joyce, Feng Meng-Lung et William Carlos Williams, ou reprenne Sun Ra et Chick Corea, la démarche artistique conserve d’un bout à l’autre de l’album une imprésionnante cohérence et dénote d’un sens poétique inaltérable.

-  Le site de Susanne Abbuehl.
-  Le site de ECM.

Dora Dorovitch/ Discograph - 2006

01. sing a song 02. node to node 03. the red of the shoes 04. shaping places 05. box model 07. real shift 08. in this circle 09. the this that (we don’t know) 10. pieces of your brain
Thomas Mery - A Ship, Like A ghost, Like A Cell
article écrit par Paul-Ramone, le 27 juin 2006


Purr, brillant trio post-rock hexagonal, n’aura pas survécu aux années 90. La fierté du label Prohibited avait soulevé maints espoirs le temps de deux albums qui lançaient une passerelle vers de larges ondes cinématiques. Fatigué des bourdonnements de larsen, son chanteur et guitariste Thomas Mery a abandonné sur une route la fée électrique et pris la clé des champs en compagnie d’une autre compagne, une six-corde sèche. Durant ses six années d’effacement, il nous est réapparu brièvement, au travers de production pour Playdoh et Telefax, et surtout à l’occasion de quelques minces prémices en solo : un EP et un single vinyle sorti au compte-goutte. A Ship, Like A ghost, Like A Cell, son premier album, rassemble les pièces de son puzzle en solitaire et en construit d’autres. Le disque choisit le dépouillement et la respiration à la manière d’un Pink Moon de feu Nick Drake : un chant clair et désolé converse sur quelques accords rudes de guitare boisée. Très habile en habillage electro(n), ses folk songs modernes sont parasitées par de discrets éléments : fritures, bruitages voix off, un mélodica... Des textures accidentées qui rappellent un autre français talentueux, Davide Balula. Mais finalement, ce sont ses ellipses d’arpèges qui captivent l’attention, écho lointain d’un José Gonzalez. Une belle rencontre.

-  Le site de Thomas Mery

Thirsty Ear/Orkhêstra - 2006

1. 5 2. 1 3. 7 4. 4 5. 3 6. 71 7. 118 8. 20 9. 56 10. 198
Beans - Only
article écrit par Fabrice Fuentes, le 25 juin 2006


Fruit de la rencontre entre le contrebassiste William Parker et Beans (le MC emblématique du label Antipop Consortium), la musique de Only échappe à toutes les étiquettes : ni vraiment jazz, ni vraiment hip-hop, elle se dérobe à tout sentiment de déjà-entendu, digresse pour mieux s’infiltrer à travers les sonorités souterraines qu’elle génère. Hamid Drake, le batteur qui fait habituellement des étincelles avec Parker, est le troisième membre d’un trio plus implosif qu’explosif, toujours sur le qui-vive, prêt à en découdre avec l’inconnu. Tension sourde, boucles ouvertes, beats hypnotiques, flow sec et percutant, ambiance urbaine au ralenti : les multiples vibrations inquiètent une matière sonore acoustico-électronique en décomposition. Dix heures de musique d’abord jouées live et improvisées par le duo Parker/Drake (à partir d’un canevas de beats), puis mélangées, reformulées, condensées par Beans sur son ordinateur portable. Et, au final, quarante minutes intenses en dix morceaux sans titre, seulement désignés par des chiffres dont le nombre croît au fil des plages, à mesure que la musique en marche tisse sa toile et met à contribution notre attention comme nos émotions.

-  Le site de Thirsty Ear.
-  Le site de Orkhêstra.

Astros - 2006

1.- Gaviotas perdidas en el centro del mar 2.- Edad legal 3.- El regreso del evangelista 4.- La perra del hortelano 5.- Lucas 44-48 6.- La zorra 7.- No llores más 8.- Pacífico 9.- Sintetizadores sobre motos y guitarras 10.- Floto 11.- La caja de música
El Columpio Asesino - De mi sangre a tus cuchillas
article écrit par Laurent, le 24 juin 2006

C’est dans le rock post-punk made in Spain que nous emmène El columpio asesino, avec ses pochettes mettant à l’honneur les objets tranchants (après l’épingle à nourrice, voici le rasoir...) et ses textes rageurs. Le chant en castillan, les cuivres ou les clappements de main (“la perra del Hortelano”) donnent cette touche ibérique originale à l’ensemble plutôt inspiré du punk ("El regreso del evangelista" lorgne clairement vers The Clash et "Pacifico" vers Lou Reed) et du post-rock. C’est un sextuor, mené par les frères Arizaleta (guitare et batterie/chant), originaire de Pamplona (connue pour ses courses de taureaux dans les rues de la ville à la San Firmin). Officiant depuis déjà 14 ans, ils ont gagné plusieurs concours, dont le démo 2001 (festival de Bénicassim) et le Obra Social Caja Madrid qui les verra ensuite se produire dans des prisons espagnoles (ça c’est punk !). De mi sangre a tus cuchillas, tiré de la dédicace faite au groupe par l’écrivain chilien Alejandro Jodorowsky, couvre une palette de genres aussi variés que les différents reliefs de la péninsule ibérique, la mélodie en prime (le planant "No llores mas"). C’est en somme un groupe très proche de leurs compatriotes Manta Ray. On sent bel et bien une nouvelle véritable scène hispanique émerger en Europe dans le rock indépendant. En hora buena !

-  Le site de El Columpio Asesino


1. dmumb 2. echo of a nightmare 3. I couldn’t 4. slowmotion 5. kakilaki ’smile 6. moai 7. a secret lullaby 8. bevy 9. portmeirion 10. no guts 11. the night 12. rover 13. tokyo light
Transbeauce - Holyhead
article écrit par Paul-Ramone, le 22 juin 2006

« Nous voulions faire autrement usage de l’immobilité - comme un élément dans l’ambiance de nos vies - qu’elle soit continue, et continue dans un environnement. » Ainsi Brian Eno définit l’ambient musique dans son passionnant journal de bord Une année aux appendices gonflés. C’est ce que semble mettre en application ce duo parisien sur son second opus Holyhead, cinq ans après Die Mitte : nappes synthétiques figées, bourdonnements, mélodies circulaires en filigrane... Les moins attentifs ne percevront qu’un mystérieux assemblage de bulles planantes, là où pourtant les assidus piqueront peu à peu une tête dans les cratères de ces mélodies sous-marines, savamment distillées. Des relents post-rock, des effets « Grand bleu » (sans arrière-pensée) et autres motifs frigides cold wave (“bevy”, “The Night”) se succèdent avec harmonie. Durant de courts instants, on croirait entendre le phrasé six-cordes frigorifique de Vini Reilly. Ces treize instrumentaux porte-bonheur ont une profondeur qui n’a d’égal que l’angle obscurci de la couverture de leur disque. Un semblant d’immobilisme qui nous téléporte.
Cryptogramophone/Orkhêstra - 2006

1. Neophilia 2. Walter Bishop Jr. 3. Level Three 4. Blinkers 5. Penumbra 6. Mirror Image 7. Message to Prez 8. Tapping Things 9. Vapors 10. One for Eric Dolphy 11. See the Positive 12. Trope on a Rope 13. 12th Day 14. Equal Justice
The Bennie Maupin Ensemble - Penumbra
article écrit par Fabrice Fuentes, le 20 juin 2006

Musicien humble et rare, Bennie Maupin n’a enregistré sous son nom que quatre disques en quarante ans de carrière. Présence fugace d’un saxophoniste qui a joué avec les plus grands (Miles Davis, Herbie Hancock, McCoy Tyner, Sonny Rollins, Andrew Hill,...), mais qui semble pourtant plus enclin à côtoyer l’ombre et le mystère que la lumière des projecteurs. Ce retour en état de grâce, avec le bien nommé Penumbra, s’avère d’autant plus passionnant que Maupin a composé l’essentiel des titres et opté pour un tout-acoustique épuré et sensoriel, à cent lieux de l’électricité davisienne du célèbre Bitches Brew. Chaque thème de Penumbra se développe de manière elliptique, avec une économie et une réserve nullement péjoratives, qui visent au contraire à dilater le temps et l’espace pour plonger l’auditeur au cœur de textures contrastées et apaisantes, dans une sorte de dimension sonore méditative. Souvent à l’unisson, Maupin (aussi à la clarinette basse, à la flûte alto et au piano) et Darek Oleszkiewicz (basse) élaborent des motifs délicats que Michael Stephans (percussions) et Daryl Munyungo Jackson (batterie) viennent ensuite décorer de mille détails, avec un souci commun de l’improvisation qui n’altère en rien la précieuse fluidité d’un Ensemble déjà incontournable.

-  Le site de Cryptogramophone.
-  Le site de Orkhêstra.

Neuro recordings/Southern - 2001 (réédition)
Producteur : Matt Bayles

1/ SGNL>5 (final transmission) 2/ Divine mother (The tower crumbles) 3/ Beneath below 4/ Constructing towers 5/ Celestial (signal fills the void)
Isis - SGNL>05
article écrit par Paul-Ramone, le 19 juin 2006

En attendant le successeur de l’acclamé Panopticon (le groupe rentre en studio au mois de juin) le label Neurot Recordings réédite cet EP de 35 minutes, devenu pièce rare. Sorti en complément de l’album Celestial en 2001, SGNL>05 constitue bien plus qu’une première ébauche du style des cinq post-hardcoreux de Boston. Qu’est-ce que le Post-hardcore demande au fond le lecteur de Magic ! en Converse ? Et bien c’est l’alliance du Post-rock et du... hardcore tendance poids lourd. Porté par son hurleur et guitariste Aaron Turner, Isis est devenu un petite référence en la matière, dont certaines envolées apocalyptiques n’ont rien à envier à Mogwai ou aux désormais redondants Tool. Des bruitages intrigants, ambiance égouts urbains, ouvrent discrètement le bal (enfin ouvre c’est un grand mot, le disque démarre à la plage 12 !) avant que ne s’abatte une rafale de riffs plombés, apte à perforer des parois blindées. La majorité du disque est pourtant dominée par des ambiances atmosphériques synthétiques hostiles et l’on guette avec anxiété les salves de saturation. Pas encore précurseur mais déjà très efficace, SGNL>05 augure ce sens métronomique des guitares extrêmement pesantes, tellement lourdes que le batteur semble porter avec peine sur ses épaules ce fardeau colossal. Une fois ingurgités, il n’est guère étonnant d’apprendre que certains de ces morceaux soient devenus des petits classiques sur scène.

-  Le site d’Isis

Phonector - 2006

1. she’s sleeping 2. simple acts at dawn 3. lil whiskey 4. shhh until tomorrow 5. fight for you (Dambala wedo) 6. shadow magic 7. nights are long 8. oulala 9. one touch 10. unity 11. news from a darked out room 12. cross cut saw
Jean-Paul Bourelly - News From A Darked Out Room
article écrit par Fabrice Fuentes, le 16 juin 2006

Ce disque est un poignant document, l’adieu intranquille à un être aimé. La mort est passée par là, d’un revers de la main elle a emporté en 2004 la femme du grand guitariste afro-américain Jean-Paul Bourelly (âgé de 45 ans, il a joué entre autres avec Miles Davis et Steve Coleman). Seul dans une chambre, un sanctuaire transformé en studio d’enregistrement, face à lui-même, à ses souvenirs, à ses peurs, au vide, il tricote avec les fibres brutes d’un désir encore tenace. L’homme dans l’ombre se met a nu, le musicien habille sa mélancolie de lumière. « But the nights are long without you ». Ses doigts se hasardent, cherchent un sens et retrouvent l’envie, le goût des sens. Ils frôlent, tapotent, percutent, s’emportent sur l’instrument acoustique, ce corps de bois. Puis se reprennent, s’adoucissent, semblent alors vulnérables. La six cordes vibre dans son plus simple appareil, laisse deviner les racines haïtiennes du musicien. Comme un revenant, Bourelly défie sans complexe la faucheuse, délaissant ses excentricités sonores hendrixiennes à la vitalité défaillante. Pas de mélo ni de trémolo. La voix gronde comme un orage. Chaude, elle sait aussi rendre cette expérience intime et douloureuse universelle. Le blues n’épouse pas la tristesse sans espoir d’un chant funèbre. La vie brille comme un diamant noir. Un chef-d’œuvre.

-  Le site de Jean-Paul Bourelly.
-  Le site de Phonector.

Thrill Jockey - 2006

1 The O of Adore 2 Brief Description 3 Rain, Sidewalk 4 Shadow Walks Away 5 Meteor Beach 6 Mountain 7 Candle 8 Balcony 9 Flame 10 Curtains Open 11 Eighty Eights 12 A Burned Letter 13 Wheel Broke 14 The Suns Gliding ! 15 New Verlaine 16 Rings
Tom Verlaine - Around
article écrit par Paul-Ramone, le 15 juin 2006

Dans la foulée du revigorant Songs & other Things, sorti après 14 années de discographie en berne, l’antenne mère de Television publie cet album entièrement instrumental, histoire de rassasier les fans en situation de famine sonique. Plus déstructuré et improvisé, Round est réservé en priorité aux accros du poète de la six-corde. Ces 16 odes à la guitare se répartissent entre une bonne dizaine de pièces nocturnes/solitaires (“Candle”, “Flame”, “A Burned Letter...”) et thèmes réévalués d’une section rythmique basse/batterie (“Rings”, “Rain, Sidewalk”...). A première vue rigides, les harmonies de cordes claires bâtissent de panoramiques sillons mélodiques et des atmosphères à base de sustain. Tom Verlaine s’y adonne à ses jeux de prédilection : gammes orientales, déambulations jazz contemporaines... “Meteor Beach”, d’humeur plus estivale que d’accoutumée, relâche un peu le côté austère du disque en frôlant l’hypothermie. Surgissent de temps à autre des merveilles de sensiblerie claire comme “Eighty Eights” - qui n’aurait pas dépareillé sur l’album dit « consistant » - ou encore le groovy “Wheel Broke”. Around n’est certes pas un disque à portée de tous, mais atteste que Verlaine a brillamment conservé ses aptitudes vagabondes.

Cet album peut être téléchargé sur eMusic
VlasVegas/Moonlee - 2006

Hitch - We Are Electric !
article écrit par Laurent, le 14 juin 2006

We are electric ne ment certes pas sur son contenu, avec des guitares rugissantes et un beat poussé. On pense aux Queens of the Stone Age, mais aussi à des groupes post-punk comme les Girls against Boys ("Get out of this place"). Last but not least, puisqu’ils sont belges, c’est à leurs compatriotes Millionaire (produits par Josh Homme) que Hitch fait le plus penser. Originaires de Courtrai, ces trois anciens rollerskaters officient depuis 10 ans et comptent déjà 4 albums dans leur discographie. Leur nom est directement inspiré de The Hitcher, cette histoire d’auto-stoppeur mué en serial killer, joué par Rutger Hauer. On est, du coup, point étonnés par leur état d’esprit et leurs faits d’armes. L’instrumental "Radiation winter part II" montre aussi un talent certain pour la mélodie et le rock plus planant, à côté de leur terrain de jeu favori : l’emo-noisy. Un album qui se consomme comme ces boissons énergétiques, mais sans ses effets secondaires.

-  Le site de Hitch

Discograph - 2006

1 Leroy Brown - Money Barrier (Skully Version) 2 Gentleman - Dem Gone 3 Willi Williams - Why 2 K 4 Fat Freddy’s Drop - Roady* 5 Bim Sherman - Mighty Ruler 6 Winston Mc Anuff & The Bazbaz Orchestra - Reggae On Broadway feat. Mack Law* 7 Spectacular - High Grade feat. Turbulence* 8 Horace Andy - Do You Love My Music 9 Doniki - Poor Man feat. Kulcha Knox 10 The Viceroys - Love Is A Key 11 African Brothers - Hey Girl 12 Manjul - Fanga Den feat. Tiken Jah Fakoly 13 Rhythm & Sound w/ Willi Williams & Jah Cotton - See Mi 14 Yah / Dem Never Know* *exclusif
V/A - Kingston Love Step 2
article écrit par Laurent, le 12 juin 2006
Le problème des compiles c’est qu’il y a à boire et à manger. Enfin, bref, à côté de véritables bombes reggae ou dub comme Leroy Brown, Horace Andy ou The Viceroys, il y a aussi Spectacular, Doniki (qui rappellent les soirées sur des roofs à la MTV party), Gentleman (à écouter en sirotant un pastis en compagnie de Raymonde vous racontant l’art d’accorder ses rideaux à sa cuisine rustique). Enfin, vous l’aurez compris, le genre de mix qui fera plaisir à votre aimée, à vos potes mais aussi à votre concierge ("vous êtes partis en vacances ?"), votre belle-mère ("c’était pas la musique de Tournez- manège ça ?") ou le collègue bêta ("cétait pas la pub de mélatoadanlebaba ?"). Enfin, le dernier titre, de Yah (en bonus, on n’en demandait pas tant) est probablement un des meilleurs (comme quoi, cette habitude d’acheter une lessive car elle offre un frisbee a toujours de beaux jours devant elle !) Don’t bogart that joint man !
Minium/Discograph - 2006

1. Lonely Woman. 2. You and the night and the music. 3. The needle and the damage done. 4. Dim some. 5. Take the A train. 6. Blue in green (chorale). 7. Blue in green (theme & variations). 8. Masqualero. 9. Bemsha swing. 10. Lonely woman.
Bill Carrothers & Marc Copland - No Choice
article écrit par Fabrice Fuentes, le 10 juin 2006

Quatre mains pour un dialogue inouï en noir et blanc, sur cent soixante-seize touches. Les duos de pianistes ne sont pas si fréquents pour que celui-ci arrête toute notre attention. D’autant plus que Bill Carrothers et Marc Copland figurent parmi les plus passionnants musiciens de jazz apparus ces dernières années. Le premier fut découvert il y a huit ans avec le magnifique After Hours, le second distribué et révélé en Europe sur le tard, à la même époque, grâce notamment au label Hatology. S’adonnant au vaste labeur d’une mise en danger perpétuelle, ils ont tous deux pour habitude de remettre le lendemain à aujourd’hui afin de plier le temps et l’espace à leurs desseins. Proximité harmonique de deux pianistes voués à se rencontrer sur disque (ils s’écoutent et s’entendent depuis près de vingt ans), complémentarité des timbres qui voit l’impressionnisme de Copland se marier avec les troublantes lignes d’accords elliptiques de Carrothers. Economie des notes et clarté d’un propos commun qui s’accommode de toutes les libertés. Et du silence. Ornette Coleman (“Lonely Woman”) y croise Miles Davis (“Blue Is Green”), Neil Young (“The Needle and the Damage Done”) échange avec Wayne Shorter (“Masqualero”), Duke Ellington (“Take The A Train”) converse avec Thelonious Monk (“Bemsha Swing”) : des standards comme autant de vertiges qui s’imposent d’eux-mêmes, sans réserves ni préméditation. No Choice. Ces deux pianos n’en font plus qu’un, ô combien sublime.

-  Le site de Minium.
-  Le site de Bill Carrothers.
-  Le site de Marc Copland.

Euro-Visions / Abeille Musique - 2006

1. "My girl" by the temptations 2. Succes 3. Over the moon 4. A day in the life of guitter bitch 5. A death in the life of guitter bitch (cut !) 6. They 7. Oh Midnight 8. Sacred Heart 9. Laura coming home 10. The bulder from heaven 11. Same bed, different dreams 12. Punchin’ Judy 13. Stardust falling (for Jobriath) 14. ’Til them 15. (Bonus) The season of loss (recorded for "As I was saying") 16. (Bonus) Definitely this morning... ? (redorded for "The dangerous hours")
John Howard - Same Bed, Different Dreams
article écrit par Paul-Ramone, le 8 juin 2006

Récemment réhabilité en Grande-Bretagne grâce à la réédition de ses albums seventies, John Howard, fringuant quinquagénaire, a de ce fait conservé la vigueur que bien de ses compatriotes ont dilapidé au cours des années « Tapis » (production synthés guimauve, clips ridicules, etc. - les actes d’accusation sont nombreux). Pour ce nouvel album, l’icône pop a choisi l’option sans fioriture, seulement accompagné de son piano à queue et de quelques chœurs sacristains. Cette production épurée lui va comme un gant et donne un caractère intemporel à l’entreprise, si bien qu’on était pratiquement certain d’avoir sous la main un disque de raretés. La voix extraordinairement intacte de ce gentleman et son sens affûté de la mélodie le rapproche du cousin excentrique australien Ben Folds, voire du compatriote Elton John (celui des débuts hé, ho...). C’est grandiloquent à souhait, parfois à la limite de la variét (attention au syndrome Richard Clayderman), mais le goût baroque, l’élégance rare de ces seize ballades (le frissonnant “Sacred Heart”) nous rappellent au bon souvenir d’un Jimmy Webb. De la pop 24 carats, de l’or pur donc.

-  Sur le site du label Eurovisions
-  Le site officiel de John Howard
-  Des extraits audio sur myspace

Sounds of subterrania - 2006

01. Success 02. Birds with Arms 03. Lost In The Stars 04. Sunday Morning 05. Plug It In 06. There Is A Voice Inside of Me 07. Lightning Pleasure 08. No Light 09. Knife Edge 10. Some Lovin’ 11. Swingbridge 12. Drug Trance
Two Star Hotel - S/T
article écrit par Laurent, le 7 juin 2006

Voici un groupe belge loin des fioritures, affublant son hôtel de deux - petites - étoiles. Pas de hype, pas de provocation à deux francs cinquante, pas de plan marketing fignolé à la loupe. Non, juste des chansons très bien ficelées, des riffs de guitare cisaillés, une basse vibrante et un chant en dilettante. C’est un peu de cette vague post-punk de New York au pays de Bob et Bobette : la preuve, ils appellent ça du "plastic avant-rock"... Leur look participe de cette impression post-Strokes et The Rapture (en plus âgés) mais évoque aussi un petit quelque chose à la Margerin (Lucien). Une trompette fofolle et le chant barré sur le très déjanté "There is a voice inside of me" laissent entrevoir l’état d’esprit foutraque de ce combo liégeois. Les choeurs sur "Lightning pleasure" donnent à voir la véritable nature des lascards : fun, fun, fun ! Bon amusement ! L’album sort chez Sounds of Subterrania, label teuton connu pour ses penchants indie (Melt Banana, Dirtbombs).

-  Le site de Two Star Hotel
-  La page my space du groupe

Temporary Residence - 2006

1. Bicycle 2. Pink & Black 3. Sunrise 4. Where’s My Love 5. Everylittlething 6. All I Need 7. Drove Me to the Wall 8. I’ll Leave My Heart Behind 9. Winter
Caroline - Murmurs
article écrit par Paul-Ramone, le 5 juin 2006

Cette charmante japonaise fait un peu figure d’étonnant consensus electro-pop sur le très select label Temporary Residence, foyer des post-rockers Explosion in the Sky, Mono ou encore du folk radical de Lazarus. Sur son premier album Murmurs, cette jeune nippone originaire d’Okinawa et diplomée de la non moins select Berklee School of Music de Boston, manie l’art du refrain sensible et des textures electronica avec une certaine habileté. Sans révolutionner le genre, elle peaufine ses mignonnes ballades synthétiques à l’aide d’un piano, de clochettes, d’une harpe et de violons. Le chant timide, dans la langue de Shakespeare, la range du côté d’une Stina Nordenstam qui cèderait à la douceur de refrains entraînants. Moins prompt à développer les hâchures de tempo à l’instar de la délicieuse Annie, le seul titre “Everylittlething” qui s’aventure sur ce terrain pourrait pourtant prétendre user quelques semelles sur le dance floor. La belle mélancolie de “Pink & Black” ou “Where’s My Love” serait même capable de se tailler une part dans les charts si un quelconque publicitaire avait la judicieuse idée d’en faire une bande son pour un parfum.

-  Le site de Caroline
-  Son blog
-  Quelques titres en écoute sur myspace

Virgin/EMI - 2006

1. Las Vecinas 2. Volver 3. Titulos 4. Dicen Que La Han Visto 5. Irene Bajo La Cama 6. El Seco 7. Arrastran El Cadaver 8. Paco Congelado 9. Tema Lloron 10. Dos En La Furgoneta 11. Irene Y Agustina 12. Se Aparece + Trabajo 13. Las Vecinas (Variacion) 14. En El Hospital 15. Ferreteria 16. El Polvo Del Tractor 17. La Bicicleta Estatica 18. Comida Casera 19. Las Espigadoras (La Rose Deel Azafran) 20. A Good Thing
Alberto Iglesias - Volver
article écrit par Fabrice Fuentes, le 3 juin 2006

Alberto Iglesias est le compositeur attitré de Pedro Almodovar depuis La Fleur de mon secret (1996), très beau film charnière qui - après le réflexif Kika (1993) - inaugura une nouvelle période de félicité créative pour le cinéaste madrilène. Si le manque de place ici ne nous permet pas d’étayer notre propos, on peut se risquer tout de même à écrire que la musique d’Iglesias a beaucoup contribué à (faire) grandir la mise en scène d’Almodovar. Alliant, surtout depuis Parle avec elle (2004), rigueur et fantaisie, musicalité des images et narrativité de la musique, le cinéma d’Almodovar est en effet pleinement musical. Cette impression de plénitude se ressent dans son dernier film Volver où l’osmose entre les images et la musique y trouve un nouvel aboutissement. Organisés autour des trois personnages féminins principaux (la mère et ses deux filles), les thèmes d’Iglesias procèdent d’un subtil pouvoir d’évocation, nimbant les plans très colorés d’une profonde mélancolie. Surtout, on appréciera ici le travail pointilliste du compositeur, passé maître en la matière, qui distille au sein de son post-romantisme nuancé des éléments latins (une guitare flamenco aux interventions magistrales et bouleversantes, un tango de Carlos Gardel chanté par Estrella Morente - entre autres merveilles) dont la présence ravive autant les racines musicales d’Iglesias qu’elle fait revenir les fantômes d’Almodovar.

1. Enemies Like This 2. Packing Things Up On The Scene 3. Too Much To Ask For 4. Grass Is Greener 5. Everything’s In Question 6. This Is Not A Test 8. Always A Target 9. All In Control 10. As Far As The Eye Can See
Radio 4 - Enemies Like This
article écrit par Denis, le 1er juin 2006
Radio 4 est un des pionniers du revival punk-funk new yorkais du début des années 2000, notamment grâce à leur excellent album Gotham ! produit par DFA. Malheureusement pour eux, leur tentative de varier leur son fut vaine, et Stealing Of A Nation vit le groupe et le mouvement lui-même sombrer dans l’oubli. C’est donc finalement sans grande surprise que Radio 4 renoue avec le son qui leur a offert leurs 15 minutes de gloire. DFA est ici remplacé par Jagz Kooner (Kasabian), mais le ton est proche de Gotham, tant au niveau des guitares saccadées que des rythmes de batterie. Malgré quelques morceaux de bravoure (This Is Not A Test, ou le dub Ascension Street), on ne peut que ressentir une une impression de répétition, couplée au fait qu’on n’est plus en 2002... Enemies Like This n’est même pas un mauvais album, c’est juste un bête album, comme on en a dix par semaine. Radio 4 n’arrive ni à varier son style, ni à revenir à la classe de Gotham !. Et puis, maintenant, tout le monde a (re)découvert Gang Of Four.
Exile on Mainstream records - 2006

1. Goal Of All Believers 2. Monkey Gestures 3. Antiaircraft 4. Art Of Vanishing 5. Latitude 6. Between The Years 7. Volant
Ostinato - Chasing the form
article écrit par Laurent, le 30 mai 2006

Amateurs d’art, soyez les bienvenus dans le monde d’Ostinato. Jeremy Arn Ramirez (basse), David Hennessy (guitare, chant et dessins de la pochette) et Matthew Clark (batterie, étudiant en religions orientales) explorent les terrains de ce que l’on nomme le New Art Rock. En gros, si l’image manque de clarté, disons qu’on les classe aux côtés d’Isis, Mogwai ou Sigur Ros, et de Pink Floyd pour les influences plus lointaines. Troisième album de ce trio originaire de Virginie, Chasing the form devrait aussi être celui de l’avènement. Constitué de longues plages post-rock, où les instruments des trois lascars dialoguent dans un espace qui semble méditatif ("Latitude"), l’album couvre une large étendue de genres. Enregistrés dans une maison, certains titres ont ensuite bénéficié de l’apport d’arrangements de cordes ("Goal of all believers", "Volant") et de l’adjonction de cuivres libres ("Antiaircraft"). Y flotte aussi souvent un aspect cinématographique. Le modus operandi est emprunté au jazz : on improvise d’abord, puis on reconstruit sur les bribes ébauchées. Voici comment eux-mêmes se définissent, dans une interview récente accordée à Word :

If you should describe your music as a picture, what would it look like ?
MATTHEW : Have you ever seen a Jehovah’s Witness magazine ? There is certain style of art and a typical scene that they use, where people from all nations are picnicking together and children are petting lions and bears are doing tricks and making people smile.

-  Le site d’Ostinato.

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