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Domino/PIAS - 2008
1. Water Curses
2. Street Flash
3. Cobwebs
4. Seal Eyeing
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Animal Collective - Water Cruses
article écrit par Fabrice Fuentes, le 8 mai 2008
Génial novateur pour les uns, parangon de prétention arty pour les autres, le quartet Animal Collective génère dans son sillage musical presque autant de thuriféraires que de contempteurs - une tendance de toute évidence accentuée par l’engouement médiatique dont il fait l’objet depuis Feels (2005). On en oublierait presque que le groupe tourne depuis huit ans et qu’il n’a pas attendu la reconnaissance de ses pairs ou d’être à la mode pour bâtir sa folk-pop psychédélique reconnaissable entre toutes, d’une honnêteté artistique et d’une cohérence sur la durée qui force l’admiration. A ce titre, l’EP Water Cruses prolonge Strawberry Jam (2007), tout en creusant de nouvelles pistes. Les trois premiers morceaux ont d’ailleurs été enregistrés au studio Wavelab, en même temps que les sessions du précédent album : on y retrouve la même veine de sonorités aquatiques, mélangées à une multitude de sons électroniques et acoustiques épars, échantillonnés ou additionnels, la mélodie tourbillonnant d’une couche sonore à l’autre sans se faire oublier. Malgré la proximité de ton, on remarquera que les rythmiques percussives chères au groupe ont quasiment disparues (excepté sur le premier morceau éponyme) et que l’humeur générale des plages se veut volontiers languide, voire laconique. Ce que confirme "Seal Eyeing", enregistré au studio du français Nicolas Vernhes (Fiery Furnaces, Black Dice...), une ballade sous-marine étonnante où le chant flottant d’Avey Tare est bien dissocié des couches bruissantes de synthé et qui voit, dès son entame, la présence d’un piano aux notes liquidiennes égrenées par Kría Brekkan - la voix de Múm avec laquelle Tare a enregistré un mini-album en 2007, Pulhair Rubeye. Même si l’architecture du morceau épouse une linéarité en trompe-l’oreille, on sent là un souci patent de composition pop qui, tout en demeurant profondément originale, ne rechigne pas aux atours de la séduction immédiate. Preuve qu’Animal Collective, plutôt que de s’enfermer dans une radicalité obtuse, continue de développer son langage afin de le rendre somme toute plus attrayant.
La page Myspace de Animal Collective
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Tzadik/Orkhêstra - 2008
1. Exercises in futility - etude #1 five gestures
2. Exercises in futility - etude #2 morton 1
3. Exercises in futility - etude #3 elvis
4. Exercises in futility - etude #4 bombasto
5. Exercises in futility - etude #5 lame
6. Exercises in futility - etude #6 cowboy
7. Exercises in futility - etude #7 ballad
8. Exercises in futility - etude #8 groove ?
9. Exercises in futility - etude #9 morton 2
10. Exercises in futility - etude #10 min
11. Exercises in futility - etude #11 ascending
12. Exercises in futility - etude #12 mirror
13. Exercises in futility - etude #13 wank
14. Exercises in futility - etude #14 event on 10th avenue
15. The joy of repetition
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Marc Ribot - Exercises in Futility
article écrit par Fabrice Fuentes, le 6 mai 2008
Quand Marc Ribot ne joue pas pour Alain Bashung (sur Bleu Pétrole encore récemment) ou ne participe pas aux projets de John Zorn (dernièrement au sein du sextet Bar Kokhba), il lui arrive d’enregistrer de fort recommandables disques sous son propre nom. Après un formidable Saints (2001), composé de reprises méconnaissables d’Albert Ayler, des Beatles ou de Leonard Bernstein, voici donc un Exercises in Futility regroupant une série d’études pour guitare acoustique. Un quatrième album en solitaire en forme d’autoportrait, tel que semble l’indiquer la photo du guitariste sur le livret du disque, saisi assis au milieu de ses guitares, regard emprunt de gravité fixé sur l’objectif. Signe, peut-être, que la futilité annoncée est paradoxalement à prendre au sérieux : de la légèreté et l’inaboutissement revendiqués naîtrait une profondeur insoupçonnée, une familiarité retrouvée avec les choses les plus élémentaires (des cordes de nylon, un objet creux en bois). Ce que souligne également le toucher de Marc Ribot : son langage s’offre à la manière d’une énigme, en dehors des « règles de l’art » et de tout système, comme si les notes et les accords étaient déposés dans l’instant sur une partition invisible, intime, rendue consistance à mesure qu’elle active l’imaginaire du musicien - tout comme celui de l’auditeur. Une simplicité brute se dégage de cette succession d’esquisses musicales infiniment poétiques, de ce doigté espiègle qui glisse d’une technique à l’autre sans s’appesantir, de cette recherche intuitive toujours recommencée, interminable, interminée. Tradition et méditation nourrissent en filigrane ces exercices, contribuent aussi à donner figure au jeu, autant qu’au Je. Tout bonnement magistral.
Le site de Marc Ribot
Le site de Tzadik
Le site de Orkhêstra
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Lonely Astronaut/import - 2008 Producteur : Joseph Arthur
1. Rages of Babylon
2. Morning Cup
3. Shadows of Lies
4. Could We Survive
5. Walk Away
6. King of the Pavement
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Joseph Arthur - Could we survive
article écrit par Paul-Ramone, le 2 mai 2008
Les admirateurs dévoués savent que parallèlement à ses albums, le songwriter d’Akron sort à cadence régulière des EPs inédits de très bonne tenue. Au point que certains titres du Vacancy EP (1999) ou de la série des Junkyard Hearts (2002) surpassent ses productions plus officielles, c’est dire l’attrait de la chose. Généralement enregistrés dans des conditions budgétaires plus serrées, on y entend l’artiste sous un autre visage, libéré de la pression du long format, se prêter à quelques épanchements plus expérimentaux. Bien que Could We Survive présente une collection de chansons de facture classique, ce mini-album s’inscrit dans cette lignée qualitative. Premier d’une série de quatre qui seront distillés jusqu’en juin, en attendant son cinquième album All You Need Is Nothing, annoncé pour août, ce EP six titres rassurera avant tout sur la constance du folkeux prolifique à pondre avec une certaine désinvolture des mélodies génialement désarmantes. A commencer par l’addictif “Rages of Babylon”, flanqué d’un de ses refrains dont lui seul à le secret. Hormis peut-être “Walk Away”, un curieux gospel sur clavier Bontempi qui vient un peu perturber cet horizon clair, les plages défilent d’un trait, le sourire en coin. Les charmantes quiétudes “Morning Cup” et “Could We survive” n’apporteront rien de nouveau sous le soleil, mais pas de nuage gris non plus à l’horizon. Le prochain EP (8 titres tout de même !), Crazy Rain and Boredom, plus orienté « techno et chaotique », devrait bousculer cette sérénité tout de même de bon aloi.
Le site officiel de Joseph Arhtur
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Tzadik/Orkhêstra - 2008
1. Part 1
2. Part 2
3. Part 3
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John Zorn/Lou Reed/Laurie Anderson - The Stone : Issue Three
article écrit par Fabrice Fuentes, le 29 avril 2008
Troisième épisode discographique d’un projet conçu pour subvenir au fonctionnement du Stone, le club de la scène downtown new-yorkaise dirigé par John Zorn, The Stone : Issue Three réunit aux côtés du prolifique saxophoniste, Lou Reed (guitare électrique) et Laurie Anderson (violon et machines), pour un concert avant-gardiste enregistré en comité réduit. Un set sobrement décomposé pour le besoin du disque en trois parties, elles-mêmes subdivisées en plusieurs mouvements au gré des improvisations mutuelles. C’est à Lou Reed que revient le privilège d’ouvrir les hostilités, d’abord en douceur, à base d’arpèges songeurs, de tâtonnements électriques, d’effets de pédales et d’amplification de plus en plus envahissants puis nerveux, spatialisés à gauche. Rejointe au bout de quelques minutes par le saxophone rugissant de John Zorn, situé à droite, la guitare chauffée à blanc, digne du Metal Machine Music de 1975, tient ensuite la note plus que de raison, enchaîne - ou plutôt déchaîne - une succession de riffs épais et rugueux au son des plaintes et autres soubresauts haletants de l’alto. Au deux tiers du morceau, Laurie Anderson rejoint le duo exténué, disséminant quelques bruitages et nappes sonores qui, tantôt recouvrent la surface de cette musique en train de se (dé)faire, tantôt ouvre l’espace en profondeur, alors que la guitare et le saxophone continuent de rôder comme des présences vagabondes. Encore plus intense, la seconde partie met de façon concomitante les trois forces en présence pour une acmé sonore irradiante où se manifestent des forces expressives d’une rare violence, non exemptes de beauté sauvage. Plus apaisée et centrée sur le travail sonore de Laurie Anderson, la troisième partie fait office de retour au calme, les décibels pleuvent moins qu’ils ne se répandent en fines particules, jusqu’à ce qu’ils soient de nouveau attisés par un ressac de larsens d’où émergent un mystérieux battement organique et d’incisives attaques pulsatiles du saxophone. Malaxée au son des instruments, 48 minutes durant, la matière musicale bouillonnante de The Stone : Issue Three met la frousse, subjugue, ravit, déroute, place l’auditeur au cœur d’un no man’s land musical subversif, qui n’est rien d’autre que la création à l’état pur.
Le site de Tzadik
Le site de Orkhêstra
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Warp/Discograph - 2008
1. Altibzz
2. PLC
3. Io
4. Plyphon
5. Perlence
6. Sonderemawe
7. Simmm
8. Paralel Suns
9. Steels
10. Tankakern
11. Rale
12. Fol3
13. Fwze
14. 90101-5l-L
15. BNC Castl
16. Theswere
17. WNSN
18. Chenc9
19. Notwo
20. Outh9X
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Autechre - Quaristice
article écrit par Fabrice Fuentes, le 28 avril 2008
Référence majeure en matière d’electronica, genre qu’il a contribué à inventer de toutes pièces dans les années 90, le groupe Autechre, tout comme son ex-compère de label Aphex Twin, peine à trouver un second souffle depuis quelques années (on rappellera juste ici pour mémoire que la musique du duo anglais fut la principale source d’inspiration de Radiohead au moment d’enregistrer leur fameux diptyque Kid A/Amnesiac en 2000). Plus précisément, depuis le beau et ardu Draft 7.30 (2003) Sean Booth et Rob Brow œuvrent davantage à une synthèse de leur art qu’à se réinventer dans la forme. Après un redondant Untitled (2005) et la compilation AEO3/3HAE (2005), leur neuvième album Quaristice a même tout d’un retour aux sources : éclectique et plus accessible, ce disque décline des ambiances atmosphériques, des constructions rythmiques abstraites et de minimalistes précis mélodiques qui renvoient à différentes périodes de leur riche parcours. Forcément un tel revirement, pour qui appréciait chez le duo le côté obsessionnel du propos, aura un effet déceptif, le groupe pouvant donner l’impression de thésauriser à présent ses acquis. Une approche un peu courte qui ne saurait rendre justice au savoir-faire imparable d’Autechre et à sa capacité éminemment supérieure à composer des morceaux virtuoses, foisonnants et toujours étonnants. D’autant que Quaristice a été conçu sous les auspices d’une fraîcheur et spontanéité nouvelles, héritées d’expériences live récentes et que le groupe a eu le souci de varier les plages, plus nombreuses et condensées ; menues audaces mais signe malgré tout que le duo ne se contente pas de reproduire stricto sensu ses anciennes copies. En fait, la légère réserve qui gît au cœur de Quaristice se montre tout autre : elle est liée au sentiment d’écouter une musique qui n’est plus vraiment synchrone avec son temps. Quelque chose semble étrangement daté, fixé à une époque pas si lointaine mais peu en phase avec les affres du présent. Et Autechre de réussir, sans céder aux sirènes de la nostalgie, ce curieux paradoxe : enregistrer aujourd’hui un grand disque d’hier.
Le site de Autechre
Leur Myspace
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Yolk/Anticraft - 2008
01. Filature
02. Route 67
03. Valse fluctuante
04. La fête au village
05. Chemin buissonier
06. Folk song 2
07. Standard commun
08. Les coulisses slavonneuses
09. Free tango
10. Bone’(s) contact
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LPT.3 - Déjà 7h !?...
article écrit par Fabrice Fuentes, le 25 avril 2008
A formation originale, musique qui ne l’est pas moins. Soit donc un duo cuivré (Jean-Louis Pommier au trombone, François Thuillier au tuba) et un batteur sans peur ni reproche (Christophe Lavergne) partis sans boussole et à tout berzingue sur les routes d’un jazz à la liberté fanfaronne. Dix morceaux avec sous-titre indicateur (exemple parmi tant d’autres pour “Chemin buissonnier” : « Chemin interdit et pourtant nécessaire ! »), qui perdent le Nord (“La fête au village”), virent à l’Est (“Folk Song 2”) et font valser le temps comme bon leur semble (“Valse fluctuante”). Rien de très sérieux, rien d’anecdotique non plus. Voici un trio superfétatoire aux antécédents et participations multiples (ONJ pour Pommier, Martial Solal, Andy Elmer et le Brass Trio pour Thuillier, le Gros Cube pour Lavergne), épris de rythmes et de souffles au-delà des carcans musicaux bien comme il faut. Ne fuyant pas la mélodie, ni les improvisations débridées, LPT.3 privilégie l’énergie au calcul, l’affect à l’intellect, mélange rondeurs chatoyantes (les basses profondes du tuba sur “Folk Song 2”) et échardes sonores (couinements, growl et effets de piston sur “Route 67”, “Free tango” ou “Les coulisses slavonneuses”) sans distinction et avec une intelligence pragmatique qui remue les sens. « Bone de trombone ou bone de l’anglais os, en référence au squelette qui nous porte et qui parfois danse... » est-il encore noté à propos de “Bone’(s) contact”, le morceau qui clôt l’album et cette manière de récit musical dansant, commencé « une nuit dans une ville endormie » avec “Filature”, puis poursuivi ensuite loin des autoroutes hexagonales sur de jouissifs chemins de traverse.
Le site de Yolk
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ECM/Universal - 2008
1. Prometheus
2. Migration of Spirit
3. Booker’s Garden
4. Ramanujan
5. La Colline de Monk
6. Sweet Georgia Bright
7. Rabo de Nube
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Charles Lloyd Quartet - Rabo de Nube
article écrit par Fabrice Fuentes, le 18 avril 2008
On pourra trouver quelque peu paradoxal qu’à l’occasion du concert donné en Suisse pour fêter ses 70 ans, évènement important s’il en est, Charles Lloyd enregistre un album nettement en deçà de ceux qu’il a sortis ces dernières années chez ECM (dont notamment le formidable et inusable Which Way is East, 2004). Contraste d’autant plus frappant que ce nouveau disque succède à un autre live, Sangam (2006), où le saxophoniste, accompagné d’Eric Harland (à qui il revient la lourde tâche de suppléer avec brio au regretté batteur Billy Higgins) et Zakir Hussain (tabla, percussions), brillait de mille feux (y compris au piano, au taragato et à la flûte alto). Sur Rabo de Nube, qui emprunte son nom à une chanson du musicien et poète cubain Silvio Rodriguez, seule reprise (mollassonne) parmi un répertoire de sept morceaux originaux, la flamme semble justement manquer de cette envergure qui lui faisait incendier un horizon aux infinies possibilités. L’ardeur hard-bop inaugurale de “Prometheus” ne sera ainsi qu’un rideau de fumée laissant place à une inspiration et un lyrisme par trop prévisibles. Non que Rabo de Nube manque de rythme (l’envolée piano/contrebasse/batterie de “Booker’s Garden” atteste par exemple d’une belle énergie de groupe), mais la fièvre demeure comme sous contrôle, plus au stade finalement de velléités que d’une ferveur communicative qui ne relèverait d’aucun petit arrangement avec la douce mélancolie. Même l’incursion, à présent habituelle, du côté d’une world affranchie (“Ramanujan”) séduit en raison du jeu à la fois élégant et physique au piano de Jason Moran (assurément l’aspect le plus passionnant du disque), plus qu’elle ne donne lieu à un déplacement bienvenu de perspectives ou tienne d’une impérieuse nécessité. Plaisant mais mineur.
Le site de Charles Lloyd
Le site de ECM
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Reset Junior/EMI - 2008
1. Into the open
2. Universe
3. The kill
4. Hush
5. Bless
6. Stars and moonlight
7. Let it be no fears
8. Embrace my madness
9. Human nature
10. My shelter for you
11. Despedida
12. From me to you
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Kolja - Wide Open
article écrit par King of Siam, le 17 avril 2008
Kolja - un diminutif de « Nicolas » en russe - était jusqu’à présent un talentueux musicien à l’ombre de groupes qui ont en commun une certaine grâce musicale (Ollano, Nouvelle Vague ou Bang Bang). A l’instar de Peter Von Poehl il y a quelques années, il décide de se lancer dans l’aventure solo en attirant les projecteurs sur ses chansons mélancoliques. Or là où le Suédois transcendait la pop évanescente par des mélodies crève-cœur et des arrangements divins jamais entendus jusque-là (ou presque), Kolja se réfugie dans une veine bien plus classique, aux références instantanément identifiables, parmi lesquelles ses précédents employeurs. Et c’est là que le bât blesse. Malgré un sens certain de la composition classieuse, des arrangements satinés et des mélodies automnales évidentes (on sent le musicien aguerri et reconnu), le songwriter ne parvient pas à s’élever au rang visé. Privilégiant la forme au fond, certains titres peuvent épater par leur éclat sonore. Mais il manque ici un vrai courage. Empesé par un chant timoré et très (trop) souvent passe-partout, Wide Open ne brille vraiment pas par son originalité. Et quand Kolja durcit le ton sur quelques brulôts perdus on ne sait trop comment, il s’enfonce encore un peu plus tant l’électricité va mal à cette voix impersonnelle. On identifie facilement le désir de tendre vers un songwriting pop ambitieux tel que magnifié par les regrettés Elliott Smith et Jeff Buckley, ou de suivre le chemin tracé par Ron Sexsmith ou Josh Rouse. Mais quitte à s’engager dans ces circuits archi-balisés, autant s’assurer d’être porteur au mieux d’une nouvelle approche, au pire d’un message. Certes, Wide Open est plaisant à plus d’un titre, agréable, coulant, courtois même. Il y manque juste une vraie douleur, une zébrure irréparable, ou à tout le moins un peu de culot. Rien de tout ça ici, juste un savoir faire incontestable. Dommage pour Kolja qui finit par nous ennuyer malgré un a priori franchement positif dû à son CV.
Son MySpace
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Warner Bros - 2008
1. Charity case
2. Who’s gonna save my soul
3. Going on
4. Run (I’ma a natural disaster)
5. Would be killer
6. Open book
7. Whatever
8. Surprise
9. No time soon
10. She knows
11. Blind Mary
12. Neighbors
13. A little better
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Gnarls Barkley - The Odd Couple
article écrit par King of Siam, le 15 avril 2008
Danger Mouse, un des plus grands producteurs hip hop en activité (Gorillaz ou The Grey Album, c’est aussi lui), se devait de prouver que l’énorme carton dont bénéficia St. Elsewhere (2006), porté par le torride “Crazy”, était tout sauf un hasard. Et de fait, The Odd Couple relève très largement le défi. St. Elsewhere avait fait danser la Terre entière avec un mélange festif et particulièrement intelligent de hip hop, soul, R’n’B et pop. Cee-Lo Green, l’autre moitié de Gnarls Barkley, n’avait plus qu’à s’amuser comme un petit fou avec sa voix descendue du ciel. The Odd Couple reprend les mêmes éléments tout en creusant le débat, révélant davantage encore les sources où s’abreuve le groupe. Le R’n’B, passé à la moulinette du duo, en ressort sous les traits fatigués d’une tuerie de fin de nuit, accompagnant malicieusement les derniers danseurs au pied du dance floor. Exemple, “Charity Case”, placée en début d’album, comme pour donner une tonalité enfumée et cotonneuse à la suite. De même, quand Gnarls Barkley s’attaque à la soul, on croirait entendre un remix d’un standard de chez Stax, la signature de la musique black dansante et colérique - “Neighbors”, “Who’s Gonna Save My Soul” chantée par le fantôme d’Otis Redding, ou le single “Run” qui convoque Aretha Franklin sur Demon Days de Gorillaz. Mâtiné de trip-hop, l’ensemble du disque procure un sentiment étrange de volupté chimique qui tranche avec la voix authentiquement féline et tellement puissante de Green. Bien sûr, il était obligatoire pour Gnarls Barkley de pondre un tube, le single qui devrait truster les ondes. En l’occurrence, c’est “Surprise” qui en présenterait tous les atouts, avec sa guitare surf, sa rythmique endiablée, son refrain hautement adhésif et ses chœurs gospel électrisés par un Cee-Lo Green déjanté. Un deuxième album éclatant, robuste, infiniment intelligent, mais qui n’oublie pas sa destination première, la moiteur des pistes de danse, même au petit matin.
Leur site officiel
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Chikaree/Discograph - 2008
1.Infinite down
2.Looking for a friend
3.I feel alive in the city
4.Je range
5.Everything is not the same
6.Josieanna
7.People can’t stand the truth
8.Quand même content
9.L’opaque paradis
10.Giving up the hero
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Zita Swoon - Big Blueville
article écrit par King of Siam, le 14 avril 2008
Pour la majorité des groupes, le passage du disque à la scène, malgré toute l’excitation et les enjeux, est une véritable épreuve, et parfois un calvaire. Pour Zita Swoon, c’est l’inverse qui semble (de plus en plus) compliqué. Mirifiques sur scène, les Belges n’arrivent plus à produire des disques dignes de ce nom. On a même peine à croire que la tête pensante du groupe, Stef Kamil Carlens, fut, au sein de dEUS, cosignataire d’un des disques les plus imposants des années 90 en Europe, l’incontrôlable In A Bar Under The Sea (1996). Où est la folie ? Où se cache le génie débridé ? Qu’est devenu ce musicien totalement désinhibé que rien n’arrêtait ? Il s’est progressivement rangé en musicien banal qui livre régulièrement des disques banals, souvent corrects, mais aussi parfois mauvais (A Song About A Girls, 2005). Big Blueville voit les anversois collaborer avec l’ami Miossec qui semble plus sec que jamais car, disons le de suite, les quatre titres en français de Big Blueville sont à l’image du pays dont est originaire le groupe (selon Brel) : désespérément plats. Heureusement, l’anglais demeure encore la langue de prédilection de Zita Swoon. Mais cela ne sauve pas complètement ce disque. Musicalement, le choix tantôt bastringue, tantôt reggae, tantôt folk, sous des arrangements acoustiques soutenant la voix cassée de Carlens, convainquent difficilement. Ici et là, certaines mélodies promettent de beaux moments (les trois premiers titres sont en cela tout à fait réussis, et tout particulièrement “Looking for a Friend” et son piano enjôleur), mais l’ensemble semble comprimé dans une pièce bien trop étriquée pour ces forains. Gageons que la version scénique sera autrement plus réjouissante, comme toujours chez eux. C’est dommage car, malgré tout, le capital sympathie de Zita Swoon possède encore de beaux jours devant lui, et Carlens est un chanteur émouvant et puissant capable de bien mieux que cette musique de « balloche ». Il est donc urgent pour eux de reprendre goût au danger, car la sympathie aussi ça dure un temps.
Leur MySpace
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Minimum - 2007
1. Someday
2. Give it a try
3. September
4. Portrait
5. Big Ben
6. Clay House
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Alban Dereyer - Underneath This Myrtle Shade
article écrit par Paul-Ramone, le 10 avril 2008
Avec quelques mois de retard, nous découvrions début mars l’esthète pop Alban Dereyer dans le cadre cosi de la 1ère édition du festival Minimum. Ce soir là, (presque) seul au piano, le parisien a raflé avec mention son diplôme devant un jury prestigieux constitué de maîtres orfèvres du genre : David Mead, Jim Noir, Luke Temple, sans oublier notre mascotte nationale Fugu. Il faut dire que les six compositions supérieures de Underneath This Myrtle Shade placent d’emblée la barre très haute. Cet écrin aux touches noir et blanc suranné - subtil rappel de la prédominance du piano - trahit déjà malgré son épure une propension à la symphonie renversante : un songwriting lettré fignolé jusqu’à rendre la copie parfaite (“Someday”, “Big Ben” et ses chœurs lyriques précieux) et une voix éloquente qui invoque à bon escient la mélancolie d’automne. Ce grain dandy aristo le rapprocherait a priori du Neil Hannon balladeur de Promenade, (“Give It a Try” augmenté d’un peu de bois folk) mais l’esthétique se veut davantage placée sous le sceau de la suprême pop baroque sixties : Harper’s Bizarre, Colin Blunstone ou l’excentrique Biff Rose (Dereyer est admirateur et le reprend en concert). Tout cela ne manque pas de cachet, et l’on jurerait même avoir déterré une démo perdue du sacro-saint The Left Banke au détour de “Portrait”... A moins que ce ne soit notre indécrottable faiblesse pour ce romantisme au chandelier qui influe sur notre jugement. Mais permettez-nous d’en douter.
La page Myspace
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