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Them Crooked Vultures - S/T article écrit par Christophe Leiciaguecahar, le 8 janvier 2010 Josh Homme laisse encore un goût de fer dans la bouche avec son nouveau super groupe et ses énormes guitares. Sauf que cette fois-ci la rouille a sérieusement attaqué le métal des cordes. Et le vautour de la couverture n’est plus forcément celui qu’on croit.
Depuis le deuxième album de Queens Of The Stone Age, Songs For The Deaf et son succès planétaire, on sait le mentor Josh Homme incapable de travailler autrement qu’entouré du plus lourd casting qui soit. Autant dire que les deux sommités invitées à le rejoindre sur son nouveau projet, à savoir Dave Grohl et John Paul Jones (par respect nous n’en présenterons aucun, inutile), prommettaient du très lourd. Autant l’avouer d’ores et déjà, ce disque est une douche froide. Et après avoir prodigué ses soins auprès des pénibles Artic Monkeys (dont il a produit Humbug, leur très surestimé dernier album), cela commence à faire beaucoup pour notre Homme. On comprend immédiatement le pourquoi de ces deux têtes de lard à ses côtés. Dave Grohl d’abord, batteur aussi phénoménal qu’il est un piètre guitariste (et compositeur), a suffisamment porté son lot de légende sur ses épaules désormais bien épaisses pour passer outre l’étiquette de « seul rescapé de Nirvana » (depuis que Chris Novoselic s’en est allé cueillir des marguerites on ne sait trop où) et n’offrir que sa seule amitié, visiblement indéfectible, au grand rouquin. Quant à John Paul Jones, sa présence au générique de cet album ressemble à un vrai rêve de gosse enfin exaucé tant Led Zeppelin a influencé le rouquin de studio. Sauf que détenir deux bolides suffit rarement à aller au bout de la route à fond la caisse, encore faut-il savoir les alimenter. Et, visiblement, Josh Homme a zappé le rodage et s’est vu sec au moment de passer à la pompe. Parce que si côté son Them Crooked Vultures arrache logiquement la gomme, question compositions il s’agirait plutôt de vieux pneus mal rechappés qui vont bien en ligne droite mais qui se déchirent au premier virage venu un peu tendu, surtout s’il est abordé pied au plancher. En clair, Them Crooked Vultures est un groupe de scène taillé pour assomer le public mais qui ne passe pas le cap de l’écoute posée. C’est bien simple, sur les 13 titres du disque éponyme, les six premiers tiennent plutôt bien la route et le douzième — “Gunman” — négocie plutôt pas mal la dernière boucle. Mais les six autres morceaux, sans être mauvais, sont juste beaucoup trop longs. Et l’on sait trop ce que la formule longueur+grosses guitares donne la plupart du temps, du remplissage. Et cet opus n’en est malheureusement pas exempt. La première moitié de l’album possède quelques vertus lessivières plutôt bienvenues avec des riffs et des coups de tatanes prompts à arracher les dents à une meute de loups affamés lâchés dans un dortoir de fillettes. Plus fort encore, Josh Homme met ici assez régulièrement sa science des accélérations ravageuses ou des changements de braquet surhumains. De la deuxième partie de “No One Loves...”, digne des plus violents coups de sang de QOTSA, jusqu’au thème de “Scumbag Blues”, ce disco massicoté aussi poétique qu’un vautour volant autour d’un cadavre d’ours brun, en passant par le riff sanguinaire de “Elephants”, soutenu par une rythmique sévèrement burnée (même si on s’y attend, ça surprend pas mal au début), Homme fait encore montre de son savoir faire question extorsion. Il atteint même un sommet (pas son plus élevé, certes) sur “Dead End Friends”, le scud le plus sournois et le plus efficace du disque (et aussi le plus court, pas de surprise), et s’offre un petit footing à pas saccadé sur “New Fang” où le trio semble s’amuser comme lors de sa première surprise party. Mettons ce ratage sur un coup de pompe logique après les 15 ans que vient de passer Josh Homme. Dommage qu’il se soit offert l’un de ses plus beaux plateaux pour livrer ce qui, aujourd’hui en tout cas, s’avère de très loin son disque le plus faible. Il est ainsi des rêves (ici celui de monter sur scène avec deux des gâchettes les plus fines de l’ouest en leur genre) qui n’ont pas besoin d’aller plus loin que la première étape. Aussi si Them Crooked Vultures a su rassembler les suffrages sur scène (et on comprend aisément comment), peut-être l’étape disque aurait-elle pu être évitée car, finalement, ce groupe finit par ressembler à autre chose qu’à un super groupe : une pompe à cash. Et ça, c’est juste impardonnable.
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Sony - 2009 1. No One Loves Me & Neither Do I 2. Mind Eraser, No Chaser 3. New Fang 4. Dead End Friends 5. Elephants 6. Scumbag Blues 7. Bandoliers 8. Reptiles 9. Interlude With Ludes 10. Warsaw Or The First Breath You Take After You Give Up 11. Caligulove 12. Gunman 13. Spinning In Daffodils Lire également - Deportivo - S/T - Turin Brakes - JackInABox - Katerine - Border Live/Studio Live - Jesse Malin - Glitter in the Gutter - Beth Orton - Comfort of strangers - Local Natives - Gorilla Manor - The Magic Numbers - The Magic Numbers - Magic Bullets - A Child But In Life Yet A Doctor In Love - Isis - In The Absence of Truth - Killing Joke - Killing Joke - Therapy ? - Never Apologise Never Explain - Nebula - Atomic Ritual - Therapy ? - High Anxiety - Queens Of The Stone Age - Era Vulgaris - Probot - Probot - Fantômas - Delirium Cordia Du même auteur - Frightened Rabbit - The Winter Of Mixed Drinks - Get Well Soon - Vexations - Midlake - The Courage Of Others - Massive Attack - Heligoland - Alec Ounsworth - Mo Beauty - JP Nataf - Clair - Moi Caprice - We Had Faces Then |