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Robert Wyatt - Radio Experiment Rome, February 1981 article écrit par Fabrice Fuentes, le 22 juillet 2009 À l’orée des années 80, dans un studio radiophonique situé à Rome, Robert Wyatt refait le monde et réinvente son art. Une magistrale méditation sonore enfin disponible sur disque.
Le 19 février 1981, Robert Wyatt et son épouse, Alfreda Benge, voyagent en Italie, à Rome, et font une escale dans les studios de la radio RAI. Invité durant une semaine dans le cadre de l’émission Un Certo Discorso, l’ancien batteur de Soft Machine trouve là matière et durée à explorer les mystères de la composition, totalement libre d’enregistrer ce qui lui passe par la tête. Avec un piano, des claviers, des percussions, une guimbarde et surtout sa voix, sans contrainte commerciale, ni nécessité de rentabilité, il s’essaie à la musique comme le peintre macule progressivement sa toile interrogeant ainsi l’étendue et les possibles de son pinceau, sans savoir de quoi demain sera fait, sans même avoir l’assurance d’un lendemain (Wyatt compare d’ailleurs dans le livret son travail à celui de Picasso filmé plan par plan à travers une vitre par Clouzot). Au final, quarante-cinq minutes et huit morceaux témoignent de ses vacances romaines. Mais, plus précisément, de quelle musique parlons-nous ici ? Les plus paresseux s’en tiendront à une musique d’avant-garde, un terme commode quand il s’agit d’entrevoir l’altérité sur le mode du rejet, que Robert Wyatt charrie d’ailleurs comme un boulet, lui qui s’échine pourtant à appréhender un large spectre de sons et d’univers musicaux populaires, se refuse à toute fixité stylistique pour lui préférer des grands écarts salvateurs (l’art du voyageur toujours). Centré autour de sa voix, tantôt magnifiée, déformée, filtrée, détournée, décuplée, Radio Experiment Rome, February 1981 évoque un manège enchanté et opiacé, comme sur “Heathens Have No Souls” où le chant tournoie, s’envole, revient comme un écho, s’emporte et se déporte, apparaît et disparaît selon les progressions harmoniques d’un piano livré à ses songes et les battements métronomiques d’une guimbarde qui marque le tempo. Sur une des plus belles pièces de l’album, “L’albero degli zoccoli”, qui fait référence au film éponyme d’Ermanno Olmi (1978) et aurait pu tout aussi bien être enregistrée au moment de Rock Bottom (1974), ce chant aérien, à la fois fragile et atemporel, épouse un thème de Bach d’abord étiré et fondu dans les sonorités flottantes du synthétiseur, poursuivi ensuite au piano avec une inspiration monkienne, le tout ponctué de délicates touches percussives. Comme dans cette relecture imaginaire teintée de mélancolie vaporeuse, une indéniable poésie sonore se dégage de l’ensemble de ces déambulations oniriques qui, pour minimalistes et indolentes qu’elles se veulent, n’en convoquent pas moins les bruissements d’une temporalité débordante, entrelacs de sensations et de fantômes mêlés, invitation au voyage sans destination autre que soi-même.
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Tracce/Orkhêstra - 2009 1. Opium War 2. Heaven Have No Souls 3. L’Albero Degli Zoccoli 4. Holy War 5. Revolution Without “R” 6. Billy’s Bounce 7. Born Again Cretin 8. Prove Sparse Lire également - Re : - Alms - CocoRosie - Noah’s ark - Cocorosie - La maison de mon rêve - Function - The Secret Miracle Fountain - The Magic I.D. - Till My Breath Gives Out - The Ex - Turn - Bohren & Der Club of Gore - Dolores - Liars - S/T - The Mabuses - Mabused ! - Keepaway - Baby Style - Field Music - Measure - Local Natives - Gorilla Manor - The Brian Jonestown Massacre - My Bloody Underground - MGMT - Oracular Spectacular - David Vandervelde - Waiting For The Sunrise - Wolf Parade - At Mount Zoomer Du même auteur - Sélection estivale - Marked Men - Ghosts - Tortoise - Beacons of Ancestorship - Sonic Youth - The Eternal - Patrick Watson - Wooden Arms - Tony Malaby - Paloma Recio - Bonnie ’Prince’ Billy - Beware |